Poème « Opus »

Voici un très beau poème de Jocelle sur sa vie, sa maladie et l’aide que lui apporte la musique…

Je n’étais qu’une enfant, prélude d’une vie
Déjà cette passion m’habitait de tout mon être
Mon cœur battait au rythme des mesures
Mon âme s’exaltait au gré des tonalités

Beethoven m’éveilla au sens profond de la musique
À ce langage qui exprime l’inexprimable
Le piano allait devenir mon exutoire, mon confident
Amplifiant, dans un crescendo, mes passions et mes tourments

Un jour, la fantaisie fit place à une sonate pathétique
La maladie surgit tel un accord dissonant
À travers ce Scherzo insoutenable, de longs soupirs
Telle la voix brisée d’une cornemuse dans le torrent

Ce mal, je sais, ne me quittera plus jamais
Mais Dieu comprit ma souffrance, ma tristesse
Me donna une famille, des amis à aimer
Et la musique pour m’apaiser et pour oublier

Je suis l’écho du hautbois chantant la nature
Je suis ce violoncelle solitaire jetant son regard sur le monde
Je suis ce long silence dont vous ignorez l’existence
Je suis cette fugue en mineur dont on ne comprend pas le sens

Vous qui me jugez, vous qui m’interprétez
Quelle perte de temps pour ces choses futiles
Ne comprenez-vous pas que la clé de mon univers
Vous l’atteindrez vraiment par la musique

Ma vie sera une longue symphonie
Un hymne à la joie et à la bonté des hommes
Ma vie sera une romance pour violon
Aux contrastes et aux nuances infinis

Quand l’adagio laissera place au Requiem
Que les vents lanceront leur dernier souffle
Et que les cordes vibreront de leurs dernières joies
La musique m’habitera encore de son écho

Musique, mon refuge
Douce compagne de la solitude
Musique, mon autre moitié
Les mots sont vains quand le cœur écoute


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